ISA, Portail No1 d'Afrique, Portal No1 to Africa
Sorry, your browser doesn't support Java(tm).
La mise en œuvre du Plan d'action du G8 pour l'Afrique :
Les engagements du Canada un an plus tard
Mai 2003

Édifier un nouveau partenariat avec l'Afrique

Le Plan d'action du G8 pour l'Afrique adopté à Kananaskis le 27 juin 2002 était une pièce maîtresse du Sommet du G8. Il vise à soutenir le Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), initiative africaine courageuse qui a pour but de réaliser la croissance et le développement durables sur ce continent, et ce, au moyen d'un programme intégré portant sur la gouvernance, la paix et la sécurité, l'éducation et la santé, l'agriculture et l'eau, ainsi que sur le commerce, l'investissement et d'autres aspects de la croissance économique. Le Plan d'action du G8 pour l'Afrique complète le NEPAD en définissant un nouveau partenariat entre les pays du G8 et les pays africains. Il précise également des engagements appuyant le Nouveau Partenariat. Le présent rapport explique comment le Canada a tenu ces engagements dans la première année de ce nouveau partenariat.

Les mesures prises par le Canada pour appuyer le NEPAD se fondent sur la réalité suivante, à laquelle il adhère : le plan appartient à l'Afrique, et c'est elle qui en assure le leadership. Le Canada s'est efforcé de répondre directement aux priorités établies par les partenaires africains, y compris les quatre domaines définis comme priorités pour les partenaires du développement, à savoir les maladies transmissibles, les technologies de l'information et des communications, la réduction de la dette et l'accès aux marchés. L'objectif est tout particulièrement de renforcer les capacités africaines, de rendre plus efficaces les institutions infrarégionales et panafricaines existantes, et de progresser dans la réalisation des engagements pris par rapport aux Objectifs du millénaire pour le développement, qui font tous partie intégrante du Nouveau Partenariat.

Dans son appui au Nouveau Partenariat, le Canada reconnaît l'apport personnel des chefs d'État et de gouvernement africains envers le NEPAD, car ils s'y sont engagés à promouvoir la paix et la stabilité, la démocratie, une gestion économique saine et un développement centré sur la population. Le Sommet du G8 de Kananaskis a été le premier auquel ont participé à des rencontres de travail des dirigeants de pays n'appartenant pas au G8, à savoir les présidents algérien, nigérian, sénégalais et sud-africain, qui sont quatre des architectes du Nouveau Partenariat.

Par les mesures qu'il prend, le Canada reconnaît également l'importance du fait que les peuples africains considèrent le NEPAD comme leur initiative. Dans les mois qui ont précédé le Sommet de Kananaskis, le Canada a facilité l'examen du Nouveau Partenariat par la société civile africaine, car la population africaine doit y adhérer, si l'on veut que ses objectifs se réalisent. Le Canada a consacré 2,5 millions de dollars supplémentaires pour sensibiliser la population africaine au NEPAD. Ce soutien est fourni directement à des groupes de la société civile en Afrique, de manière à respecter pleinement la propriété africaine de l'initiative du NEPAD.

Débloquer des ressources pour le développement de l'Afrique

Le Nouveau Partenariat vise à améliorer les relations de l'Afrique avec le reste du monde en ce qui concerne l'aide, le commerce et la dette, et à faire investir plus de capitaux privés sur ce continent. Le Canada a pris des mesures pour fournir des sommes et aider à générer des ressources publiques et privées importantes dans chacun de ces domaines.

Aide publique au développement

Le Canada a engagé 6 milliards de dollars en aide publique au développement (APD) pour l'Afrique, en ressources nouvelles ou existantes, sur la période de cinq ans entamée avec le Sommet de Kananaskis en 2002.

En appui aux objectifs du NEPAD et du Plan d'action du G8 pour l'Afrique, le Canada a créé le Fonds canadien pour l'Afrique, qui est doté de 500 millions de dollars. Cette somme se compose de ressources entièrement nouvelles et supplémentaires qui s'ajoutent à l'APD que le Canada accorde déjà à l'Afrique et qui s'élève à quelque 700 millions de dollars par année. Le Fonds canadien pour l'Afrique est devenu opérationnel après le Sommet de Kananaskis, sous la conduite du ministre de la Coopération internationale. Au cours de sa première année d'existence, qui s'est terminée le 31 mars 2003, le Fonds a déboursé 70 millions de dollars.

  • À compter de 2002, et pour cinq ans, le Canada consacrera 6 milliards de dollars en APD à l'Afrique.
  • Le Canada doublera son aide internationale d'ici 2010.
  • La moitié ou plus de cette augmentation ira à l'Afrique. La première augmentation de 1,4 milliard de dollars figurait dans le budget fédéral de février 2003.
  • Un Fonds canadien pour l'Afrique, doté de 500 millions de dollars, a été créé pour appuyer le NEPAD et le Plan d'action du G8 pour l'Afrique.

À Kananaskis, le premier ministre s'est également engagé à augmenter l'aide internationale de 8 p. 100 par année et à destiner la moitié au moins de ces ressources supplémentaires à l'Afrique. Le budget fédéral de février 2003 augmente en conséquence l'enveloppe de l'aide internationale accordée par le Canada jusqu'en 2004-2005, l'objectif étant de doubler le budget de l'aide d'ici 2010. Cela représente une augmentation de 1,4 milliard de dollars pendant l'exercice 2002-2003 et les deux années suivantes, la moitié au moins de cette somme allant à l'Afrique.

Commerce

Le Canada s'est engagé à éliminer les tarifs et les contingents frappant presque toutes les importations des 48 pays les moins développés (PLMD), dont 34 se trouvent en Afrique. Cette initiative relative à l'accès aux marchés est entrée en vigueur le 1er janvier 2003. Les seuls produits qui n'en bénéficient pas sont les produits laitiers, la volaille et les œufs. En accédant plus facilement aux marchés canadiens, les producteurs africains créeront des emplois et ils diversifieront leurs économies. Le Canada contribue de plus au renforcement des capacités commerciales afin de permettre aux partenaires africains de bénéficier de cet accès facilité aux marchés.

En novembre 2002, le ministre du Commerce international a dirigé la toute première mission commerciale canadienne ministérielle à se rendre en Afrique et, plus précisément, au Nigéria, au Sénégal et en Afrique du Sud. Plus de 100 entreprises canadiennes y participaient, ce qui a fait de cette mission une des plus importantes jamais dirigées par un ministre canadien du commerce.

  • Le 1er janvier 2003, le Canada a éliminé les tarifs et les contingents qui frappaient la plupart des importations des PLMD, dont 34 se trouvent en Afrique. Un Fonds d'investissement du Canada pour l'Afrique, de 100 millions de dollars, est en train d'être constitué. Le secteur privé égalera l'apport du gouvernement.
  • En mars 2003, le Canada a contribué une somme supplémentaire de 75 millions de dollars au Fonds d'affectation spéciale de la Banque mondiale en faveur des pays pauvres très endettés.
  • Le Canada a annulé toutes les dettes relatives à l'APD des pays de l'Afrique subsaharienne.

Investissement

Le Canada est en train d'établir le Fonds d'investissement du Canada pour l'Afrique pour que des capitaux privés soient investis dans le développement de l'Afrique. Le gouvernement du Canada y verse 100 millions de dollars afin d'inciter le secteur privé à apporter une somme équivalente, voire supérieure. Le fonds d'investissement est structuré de manière à respecter les principes du NEPAD, à savoir la bonne gouvernance, la transparence et l'adhésion aux droits de la personne, à la démocratie et à la responsabilité sociale des entreprises. La sélection du gestionnaire du fonds est en cours. Les candidats devaient démontrer une très bonne connaissance, notamment pratique, des politiques relatives à l'éthique commerciale, aux normes de responsabilité sociale et environnementale et aux conflits d'intérêts. Le gestionnaire du fonds, une structure de régie ainsi qu'un mécanisme de surveillance du rendement appropriés doivent être en place d'ici l'automne 2003.

Avec une aide canadienne de 10 millions de dollars, la Banque africaine de développement est à établir un mécanisme de préparation des projets, afin d'encourager à investir dans l'infrastructure. Ce mécanisme aidera à élaborer des projets viables, y compris des partenariats entre les secteurs public et privé. Il aidera à mobiliser des capitaux pour l'infrastructure dans des domaines clés, comme l'eau, l'énergie, les transports, et les technologies de l'information et des communications, y compris des ressources non encore utilisées pour le financement des infrastructures dans les institutions financières internationales et le secteur privé.

Allégement de la dette

En mars 2003, le Canada a versé 75 millions de dollars supplémentaires au Fonds spécial de la Banque mondiale pour l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Le Canada a décrété un moratoire du service de la dette pour sept PPTE africains et il a accepté de remettre la totalité de la dette quand les PPTE auront tenu leurs engagements, comme viennent de le faire la Tanzanie et le Bénin. Donc, dans le cadre de son initiative de réduction de la dette, le Canada s'est engagé à annuler pour plus de 1,1 milliard de dollars de dettes contractées à son égard par 17 PPTE, dont 14 se trouvent en Afrique.

Le Canada a également annulé toutes les dettes relatives à l'APD contractées à son égard par les pays de l'Afrique subsaharienne.

Autres promesses tenues par le Canada envers l'Afrique

En plus de mobiliser des ressources publiques et privées pour le développement, le Canada tient les engagements précis énoncés dans le Plan d'action. .Au Sommet de Kananaskis, en juin 2002, le premier ministre a annoncé une série d'initiatives nationales en appui au NEPAD et au Plan d'action du G8 pour l'Afrique, dont la plupart seraient financées par le Fonds canadien pour l'Afrique doté de 500 millions de dollars. Ces mesures portent sur chacun des principaux éléments du Nouveau Partenariat, y compris ceux qui concernent chacun des pays africains le plus directement. Des montants en question, 31 p. 100 sont destinés à la croissance durable, au commerce et à l'investissement; 24 p. 100 à la santé et au VIH/sida; 21 p. 100 à l'agriculture et à l'eau; 11 p. 100 aux institutions et à la gouvernance; 8 p. 100 à l'amélioration de l'accès aux technologies de l'information; et 5 p. 100 à la paix et à la sécurité. Un an plus tard, presque toutes ces initiatives sont opérationnelles, les autres étant à un stade avancé dans leur préparation.

Les sections suivantes donnent un aperçu de la situation par rapport aux engagements nationaux particuliers pris par le Canada au Sommet de Kananaskis en juin 2002; elles présentent des exemples d'autres mesures adoptées pour répondre au Plan d'action du G8 pour l'Afrique de manière globale.

La croissance durable, le commerce et l'investissement

Le Canada a affecté plus de 20 millions de dollars en assistance technique commerciale pour aider l'Afrique à affronter la concurrence mondiale. Le Nouveau Partenariat cherche, d'une part, à créer les conditions nécessaires pour que les pays africains s'engagent, séparément et collectivement, dans la voie de la croissance et du développement durables et, d'autre part, à permettre aux Africains de participer plus activement à l'économie mondiale.

  • Le Canada a affecté plus de 20 millions de dollars en assistance technique commerciale pour aider l'Afrique à affronter la concurrence mondiale.

Le Canada a consacré 20 millions de dollars supplémentaires au renforcement des capacités commerciales des partenaires africains pour qu'ils tirent parti d'un meilleur accès aux marchés et qu'ils défendent leurs intérêts dans les négociations de Doha en cours à l'Organisation mondiale du commerce. Cet engagement s'ajoute aux initiatives canadiennes déjà prises dans ce domaine, notamment :

  • 7 millions de dollars pour le programme intégré conjoint d'assistance technique de l'Organisation mondiale du commerce et de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, afin d'aider les pays africains à mieux participer au système commercial multilatéral et à profiter de débouchés commerciaux;
  • 8 millions de dollars pour le Centre du commerce international, qui a son siège à Genève (Suisse), et le Bureau canadien de promotion du commerce, afin d'apporter une assistance opérationnelle au secteur privé africain pour qu'il soit plus à même de faire du commerce international et de promouvoir ses exportations;
  • 5 millions de dollars pour mettre sur pied un centre africain des politiques commerciales qui partagera les locaux de la Commission économique pour l'Afrique à Addis Ababa (Éthiopie). Un tel centre a pour but d'accroître le nombre des experts qualifiés capables de défendre les intérêts africains dans la négociation d'accords multilatéraux, d'intégrer le commerce dans les politiques économiques et de promouvoir le commerce;
  • Le Canada a également fourni pour 1 million de dollars en vue de l'achat de matériel et de la mise sur pied d'activités de formation et de soutien technique menant à la création d'un marché régional des garanties financières au sein de l'Union économique et monétaire ouest-africaine, qui a son siège à Abidjan (Côte d'Ivoire).

La santé et le VIH/sida

Le Nouveau Partenariat reconnaît que la forte incidence de maladies transmissibles en Afrique – en particulier, le VIH/sida, la tuberculose et la malaria – constitue un obstacle majeur au développement du continent. Le Canada essaie de soutenir l'Afrique dans les efforts qu'elle déploie pour la santé et le bien-être de ses habitants.

  • 50 millions de dollars à la recherche d'un vaccin contre le VIH/sida et pour des programmes de prévention et de traitement de cette maladie.
  • 50 millions de dollars pour aider à éradiquer la poliomyélite d'ici 2005.
  • En plus de l'appui qu'il apporte déjà au Fonds mondial de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme, le Canada a affecté 50 millions de dollars à la recherche d'un vaccin contre le VIH/sida, conjointement à l'initiative internationale pour un vaccin contre le sida et le partenariat africain pour un vaccin contre le sida. L'initiative internationale pour un vaccin a progressé dans la mise au point et les essais de candidats vaccins contre le sida pour l'Afrique, et elle aide à mieux informer, à mieux faire comprendre et à accroître la participation nationale. Les fonds canadiens l'aident ainsi à poursuivre ses travaux.
  • Le Canada a alloué 50 millions de dollars supplémentaires à la campagne mondiale qui vise à éradiquer la poliomyélite d'ici 2005, en collaboration avec l'UNICEF et l'Organisation mondiale de la santé. La poliomyélite frappe encore sept pays, dont quatre en Afrique. Son éradication améliorerait la qualité de vie de millions d'Africains et libérerait des ressources dans les secteurs sanitaires et sociaux des pays africains touchés. Le Canada a été le premier des pays du G8 à promettre de nouveaux fonds à l'appui de l'engagement du G8 de fournir les ressources financières nécessaires. La contribution du Canada permet à l'UNICEF et à l'OMS de réaliser des tâches essentielles sur le terrain comme la vaccination.
  • Le Canada a affecté 1,5 million de dollars au développement de l'enfant en Afrique, par l'intermédiaire de programmes pour les enfants et les jeunes, avec l'appui de Right to Play [le droit de jouer], organisation non gouvernementale qui a son siège à Toronto. Les communautés qui vivent dans les camps de réfugiés de la Corne de l'Afrique sont les premières bénéficiaires de ces programmes qui contribuent au développement physique et psychologique des enfants.
  • Le Canada fournit également plus de 70 millions de dollars pour appuyer, sur cinq ans, des programmes de prévention et de traitement du VIH/sida en Afrique subsaharienne en consolidant les efforts des groupes communautaires locaux, en donnant de la formation professionnelle et en travaillant avec les femmes et les enfants pour qu'ils soient mieux informés au sujet de la prévention et des stratégies palliatives.

L'agriculture et l'eau

Le NEPAD insiste sur le fait que l'amélioration de la performance agricole est indispensable au développement économique du continent. Le Canada appuie l'Afrique dans les efforts qu'elle déploie pour parvenir à la sécurité alimentaire, pour augmenter la productivité agricole et pour améliorer durablement l'accès sûr et adéquat à de l'eau potable et à des installations sanitaires, tout spécialement pour les pauvres.

  • Le Canada a affecté 40 millions de dollars à l'aide à la recherche sur la productivité agricole.
  • Le Canada a affecté 50 millions de dollars à l'amélioration de la gestion de l'eau et de l'accès à l'eau potable et à des installations sanitaires.
  • Le Canada a fourni plus de 100 millions de dollars d'aide humanitaire pour soulager de la famine.
  • Le Canada a affecté 40 millions de dollars à l'aide à la recherche sur la productivité agricole en Afrique, conjointement avec le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI). Ainsi les 16 centres de recherche agricole du GCRAI feront plus de travaux sur l'Afrique, en se concentrant sur les besoins des petits exploitants agricoles et des femmes productrices. Certains des centres de recherche du GCRAI ont leur siège social en Afrique, soit à Bouaké (Côte d'Ivoire), à Nairobi (Kenya) et à Ibadan (Nigéria).
  • Le Canada a affecté 50 millions de dollars à l'amélioration de la gestion de l'eau et de l'accès à l'eau potable et à des installations sanitaires en Afrique, en travaillant avec divers partenaires africains et en collaboration avec le Partenariat mondial pour l'eau, alliance non gouvernementale internationale qui encourage à une gestion intégrée des ressources en eau.
  • En mai 2003, l'Agence canadienne de développement international a adopté un nouvel énoncé de politique — L'agriculture au service du développement durable — qui répond directement à trois éléments du Plan d'action du G8 pour l'Afrique : faire de l'appui à l'agriculture une plus grande priorité internationale; viser à réduire la pauvreté grâce à une productivité durable et à une compétitivité accrue; et s'efforcer d'améliorer la sécurité alimentaire. Le Canada investira donc plus dans le secteur agricole. À l'heure actuelle, il lui consacre environ 95 millions de dollars par an, et il devrait lui en consacrer 300 millions durant l'exercice 2005-2006, l'objectif étant d'arriver à un investissement annuel de 500 millions de dollars d'ici 2007-2008. L'Afrique profitera d'une part importante de ces ressources.
  • Depuis le Sommet de Kananaskis, en juin 2002, le Canada a également fourni pour plus de 100 millions de dollars en aide humanitaire en réponse aux graves pénuries alimentaires que connaît l'Afrique, surtout les régions les plus touchées que sont l'Afrique australe et l'Afrique de l'Est. Cette somme inclut plus de 10 millions pour l'Angola et plus de 40 millions pour l'Éthiopie.
  • Agriculture et Agroalimentaire Canada a signé des protocoles d'entente et des accords de recherche avec des instituts scientifiques en Égypte et au Ghana afin de faciliter la recherche et la formation concertées pour répondre aux priorités de l'Afrique en matière de recherche pour le développement agricole. Le Centre canadien de télédétection travaille en collaboration avec le Comité sur les satellites d'observation de la Terre afin de promouvoir l'utilisation de l'observation de la Terre au service du développement durable en Afrique, notamment pour l'agriculture et l'eau, et d'offrir les formations nécessaires.

Les institutions et la gouvernance

Le NEPAD insiste sur le fait que la démocratie, la bonne gouvernance et les droits de la personne figurent parmi les conditions nécessaires au développement durable de l'Afrique. En instaurant un mécanisme africain d'examen par les pairs, les dirigeants de l'Afrique ont souligné toute l'importance d'une gouvernance économique, politique et commerciale transparente.

  • 28 millions de dollars sont affectés à l'amélioration de la gouvernance et de la transparence dans le secteur public.
  • Le Canada a affecté 28 millions de dollars au renforcement des capacités du secteur public des pays africains par l'intermédiaire d'une entente novatrice avec la Fondation africaine pour le renforcement des capacités, une institution panafricaine qui a son siège à Harare (Zimbabwe). Les fonds servent à consolider la capacité de la Fondation et à aider les pays du continent à s'attaquer à des questions cruciales comme la responsabilité financière, les politiques économiques et la participation publique à la gouvernance. Le secteur public canadien offre également ses compétences par l'intermédiaire du Centre canadien de gestion.
  • Le Canada a alloué 9 millions de dollars pour donner plus de poids aux parlements et aux parlementaires africains, en améliorant notamment la supervision parlementaire – un objectif explicite du NEPAD – et pour renforcer le rôle des femmes au sein des gouvernements. Les activités initiales portent sur la mission et les méthodes des parlements dans la lutte contre la corruption. Ce projet, auquel participent des parlementaires africains, est réalisé avec le concours du Centre parlementaire d'Ottawa.
  • Le Canada a affecté 6 millions de dollars à l'amélioration de la gouvernance locale en collaboration avec des partenaires africains, y compris l'Union africaine des autorités locales, l'objectif étant de définir de nouvelles approches pour répondre aux besoins fondamentaux des communautés, comme l'accès à l'eau, l'hygiène et les services de santé, domaines où les municipalités jouent maintenant un rôle important. Le travail initial, entrepris avec le concours de la Fédération canadienne des municipalités, visait principalement à repérer les pratiques exemplaires et à les faire connaître.
  • L'égalité des sexes, qui est une priorité de l'aide au développement canadienne en Afrique, fait partie de tous les programmes de l'Agence canadienne de développement international. Plus de 20 millions de dollars ont été affectés au soutien des groupes de la société civile dans plusieurs pays d'Afrique. Le Canada appuie leurs activités dans trois domaines : promotion des droits de la femme et de son autonomie économique et politique, prévention de la violence contre les femmes, et prise en compte de la situation des femmes dans les conflits armés.

Le savoir : améliorer l'accès à l'éducation et au numérique

Grâce au Nouveau Partenariat, les dirigeants africains s'engagent à promouvoir un développement centré sur la population. Le Canada appuie l'Afrique dans les efforts qu'elle déploie pour améliorer la qualité de vie de ses habitants de diverses manières, y compris en soutenant les efforts africains pour améliorer l'accès à l'éducation et aux technologies de l'information et des communications.

  • Le Canada s'est engagé à doubler son investissement dans l'enseignement de base en Afrique pour le porter à 100 millions de dollars par an d'ici 2005. C'est ainsi que le Mozambique et la Tanzanie ont déjà bénéficié d'une affectation spéciale de 50 millions de dollars à titre d'aide supplémentaire, cette aide étant mise à la disposition de chaque pays pour cinq ans.
  • Le Canada a alloué des ressources importantes pour appuyer les efforts africains destinés à tirer profit des technologies de l'information et des communications et ainsi accélérer la croissance économique et sociale, faciliter l'accès à l'éducation et améliorer la prestation de services dans les communautés pauvres du continent. Le Canada a fourni 35 millions de dollars pour trois initiatives :
    • le Réseau de ressources pour l'élaboration d'une cyberpolitique pour l'Afrique, qui aidera les pays à élaborer des stratégies, des politiques et des règlements pour le secteur des technologies de l'information et des communications; le réseau reliera les partenaires africains par l'intermédiaire d'un centre installé dans les locaux de la Commission économique pour l'Afrique à Addis Ababa (Éthiopie);
    • l'initiative Connectivité Afrique, qui vient en aide tant à la recherche-développement qu'à l'utilisation novatrice des technologies de l'information et des communications, notamment dans l'éducation, la santé et le développement économique et communautaire; plusieurs partenaires africains participent à cette initiative aux côtés du Centre de recherches pour le développement international et de l'Open Knowledge Network;
    • le réseau pour l'entrepreneurship Enablis, une initiative sans but lucratif dirigée par le secteur privé qui a pour mandat d'aider les petites et les moyennes entreprises africaines à utiliser les technologies de l'information et des communications.
  • Doubler l'investissement canadien dans l'enseignement de base en Afrique pour le porter à 100 millions de dollars par année d'ici 2005.
  • Plus de 35 millions de dollars pour aider l'Afrique à combler le fossé numérique.
  • Le Canada a affecté 12 millions de dollars supplémentaires en aide à l'Université virtuelle africaine, implantée à Nairobi (Kenya), pour qu'elle étende son réseau de centres d'apprentissage communautaires et ses programmes de téléapprentissage dans les disciplines en rapport avec le Nouveau Partenariat.
  • Le Canada a également versé 5 millions de dollars pour des projets de formation commerciale utilisant les technologies de l'information et des communications qui sont offerts en liaison avec Franconet, le réseau Internet des communautés francophones nationales, et avec des instituts de technologie qui ont pour but d'accroître la capacité de l'Internet et l'accès à la Toile ainsi que la formation connexe dans 20 pays francophones d'Afrique.

La paix et la sécurité

Le Nouveau Partenariat insiste sur le fait que la paix, la sécurité et les droits de la personne figurent parmi les conditions nécessaires au développement durable de l'Afrique. Par le biais du NEPAD, les dirigeants africains ont assumé une responsabilité commune par rapport à des obligations précises. Le Canada les soutient également dans leurs efforts sur tous ces plans.

  • Le Canada a consacré 15 millions de dollars pour promouvoir la paix et la sécurité et rendre les communautés plus sûres en Afrique de l'Ouest. Cette initiative, entreprise conjointement avec la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, qui compte 15 membres, vise à renforcer les capacités dans trois domaines essentiels, à savoir les opérations de paix, y compris le maintien de la paix, le contrôle de la circulation des armes légères et de petit calibre, et le maintien de l'ordre. Les fonds canadiens versés au Centre international Kofi Annan de formation au maintien de la paix, nouvellement créé à Accra (Ghana), servent à financer l'élaboration du programme d'études et la formation des enseignants.
  • Le Canada a affecté 4 millions de dollars au maintien de la paix et de la sécurité, par l'intermédiaire de la jeune Union africaine. Il s'agit là aussi d'un des objectifs prioritaires du Nouveau Partenariat. Quand les arrangements en cours avec l'Union africaine seront conclus, celle-ci sera plus à même de remplir son mandat en ce qui concerne la prévention et le règlement des conflits, et ce, en améliorant ses systèmes d'alerte avancée, sa capacité de médiation et son aptitude à déployer des missions d'observation et à protéger les civils en cas de conflit armé.
  • Par ailleurs, le Canada appuie davantage les efforts africains visant à rétablir la paix et à la consolider. Ainsi, le ministre des Affaires étrangères a nommé des envoyés spéciaux qui ont participé activement à la recherche de la paix en République démocratique du Congo et au Soudan, et le ministre des Affaires étrangères soudanais est venu en visite officielle au Canada en mai 2003 dans le cadre du processus de paix. Depuis 2002, le Canada a également fourni plus de 6,7 millions de dollars pour soutenir les processus de réconciliation, les tribunaux et l'appareil judiciaire en Sierra Leone et au Rwanda. Il a aussi affecté plus de 17 millions de dollars à la consolidation de la paix par le désarmement, à la démobilisation et à la réinsertion des anciens combattants, grâce à des initiatives communautaires auxquelles participent les femmes et les enfants, et à des activités connexes pour protéger les enfants au Burundi, en Côte d'Ivoire, en Guinée, au Nigéria, en Ouganda, en République démocratique du Congo, en Sierra Leone, en Somalie et au Soudan. Le Canada continue également de soutenir tout effort destiné à renforcer les capacités africaines en ce qui concerne la protection physique et juridique des civils dans les conflits armés, y compris par la mise sur pied en Guinée, avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, d'un projet pilote visant à renforcer la sécurité dans les camps de réfugiés.
  • Le Canada a continué de montrer l'exemple en s'attaquant au problème des mines antipersonnel en Afrique, qui est le continent le plus touché. En 2002, le Canada a fourni plus de 3,3 millions de dollars pour des initiatives de déminage, d'information sur les risques que représentent les mines et de destruction des stocks en Angola, en Érythrée, en Éthiopie, en Guinée-Bissau, en Mauritanie, au Mozambique, en Ouganda, en République démocratique du Congo, au Soudan, au Tchad et en Tunisie. Le budget de février 2003 alloue 72 millions de dollars sur les cinq prochaines années à la reconstitution du Fonds canadien contre les mines terrestres en Afrique et ailleurs. Le Canada a également montré l'exemple au sein du groupe des ambassadeurs du G8 pour l'action contre les mines qui a convenu de soutenir davantage les activités antimines menées en Afrique. Le Canada encourage également d'autres donateurs, y compris les institutions financières internationales et les institutions multilatérales de développement, à contribuer davantage financièrement à l'action antimines en Afrique et à inscrire celle-ci dans leurs stratégies pour les pays africains où les mines constituent un obstacle au développement.
  • Le Canada applique pleinement les lignes directrices sur les pratiques exemplaires en matière de transfert d'armes légères, adoptées en décembre 2002 par les pays membres des Arrangements de Wassenaar, une tribune gouvernementale d'envergure internationale où sont examinées des questions relatives aux armes conventionnelles. Le Canada, qui continuera d'insister sur l'application et le renforcement des mécanismes multilatéraux pertinents, a encouragé la société civile africaine à participer à la création de centres de liaison nationaux pour mettre en œuvre la Déclaration de Nairobi sur la prolifération des armes légères et de petit calibre jugées illégales dans la région des Grands Lacs et de la Corne de l'Afrique.
  • En janvier 2003, le Canada a mis en vigueur une loi donnant effet à ses obligations dans le cadre du Processus de Kimberley. Un tel régime impose de certifier les diamants bruts importés sur le territoire canadien ou exportés à partir de ce territoire.
  • 15 millions de dollars sont affectés au renforcement de la sécurité des communautés de l'Afrique de l'Ouest.
  • 4 millions de dollars sont affectés au soutien des activités de l'Union africaine en matière de résolution et de prévention des conflits.

Rendre l'aide plus efficace

Le Canada a rendu public en septembre 2002 un nouvel énoncé de politique sur le renforcement de l'aide au développement. Les principes clés sur lesquels se fonde la politique incluent la propriété locale et l'adoption d'approches axées sur des stratégies cohérentes et l'atteinte de résultats. La politique tient compte des principaux facteurs d'efficacité des investissements, tels que la gouvernance, la consolidation des capacités et la participation de la société civile.

  • Conformément à la politique de l'Agence canadienne de développement international en faveur d'une assistance plus efficace, le gouvernement canadien a désigné neuf pays qui seront admissibles à une aide accrue au développement, et ce, par suite d'une augmentation de l'aide canadienne au développement international. Six d'entre eux se trouvent en Afrique : l'Éthiopie, le Ghana, le Mali, le Mozambique, le Sénégal et la Tanzanie. Ils ont été choisis parmi les pays à faible revenu avec lesquels le Canada entretenait déjà des relations en matière d'aide au développement.
  • Dans le Plan d'action du G8 pour l'Afrique, les partenaires du G8 se sont engagés à former des partenariats renforcés avec les pays africains, partenariats qui iront au-delà de l'aide au développement. Ces pays doivent respecter les principes du Nouveau Partenariat, y compris les engagements politiques et financiers à l'égard de la bonne gouvernance et de la primauté du droit. Le Canada a décidé de se fier aux résultats de ce processus africain d'examen par les pairs du NEPAD, et il ne prendra pas de décision en ce qui concerne de tels partenariats avant de connaître les résultats de cet examen.
  • IEn 2002, le Canada est devenu le premier partenaire de développement à inclure une participation africaine dans l'évaluation par les pairs de son aide publique au développement, laquelle évaluation a été entreprise par le Comité d'aide au développement de l'Organisation de coopération et de développement économiques, principale instance réunissant les pays donateurs. La participation africaine à cet examen répondait à l'invitation de l'Afrique elle-même à fonder le Nouveau Partenariat sur la responsabilité partagée, le respect mutuel et l'imputabilité.
  • Pour gagner en efficacité, l'aide au développement canadienne est alignée sur les stratégies nationales de réduction de la pauvreté. Le Canada recourt pleinement aux nouvelles approches de l'aide au développement, comme l'aide budgétaire directe, les programmes d'assistance sectorielle, les systèmes de compte rendu simplifiés et la coordination nationale renforcée. À l'appui de cet effort, la présence sur le terrain sera renforcée de façon opérationnelle et les ressources de l'administration centrale et des bureaux seront rajustées afin de faciliter l'exécution des programmes.

Le Sommet du G8 d'Évian

L'Afrique occupera également une place importante au Sommet du G8 de 2003, à Évian-les-Bains (France). Les dirigeants du G8 y examineront les progrès accomplis dans la mise en œuvre de leur Plan d'action pour l'Afrique. Ils chercheront également à maintenir le dialogue avec les partenaires africains et avec d'autres donateurs importants au sujet du NEPAD.

Entre autres questions qu'examineront en outre les dirigeants du G8 figurent l'amélioration de l'accès aux médicaments essentiels, la promotion de la recherche sur les maladies négligées et la reconstitution du Fonds mondial de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme; la réduction des subventions agricoles et le renforcement des capacités de prévention ou d'atténuation des famines en Afrique; des mesures destinées à améliorer la transparence dans les transactions économiques portant sur des ressources naturelles; et des mesures visant à endiguer le flot d'armes légères et de petit calibre. Tout cela se rapporte aux engagements pris dans le Plan d'action du G8 pour l'Afrique.

Les dirigeants du G8 examineront également un plan conjoint G8-Afrique visant à renforcer les capacités africaines pour ce qui est de déployer des opérations de paix, engagement qui figure aussi dans le Plan d'action du G8 pour l'Afrique. Le Canada a joué un rôle clé dans l'élaboration de l'avant-projet du plan.

Le partenariat entre le G8 et le NEPAD est à long terme et il en va de même de l'appui du Canada à ce dernier. Des progrès importants ont été accomplis depuis Kananaskis dans la réalisation des engagements pris par le Canada dans le Plan d'action du G8 pour l'Afrique. Le Canada reste attaché à ce nouveau partenariat en appui au NEPAD et il continuera de donner la priorité, à l'échelle gouvernementale, à la réalisation du Plan d'action.

Source :Document Cabinet du Premier Ministre et Ministère des Affaires Étrangères et du Commerce International