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Nous
reconnaissons que la sécurité alimentaire est un sujet de préoccupation
mondiale. Des millions de personnes dans le monde, dont plus de 40 millions
en Afrique, risquent de mourir de faim. Cette situation est due non seulement
aux conditions climatiques et aux catastrophes naturelles, mais aussi
à des causes plus structurelles telles que la pauvreté chronique, l'absence
d'un soutien approprié et d'un environnement suffisamment favorable à
l'agriculture, la prévalence du sida, l'augmentation du nombre des conflits,
une mauvaise gouvernance, une gestion économique inappropriée, et des
difficultés liées au commerce. Ces facteurs risquent d'etre à l'origine
de crises alimentaires récurrentes et d'accroître l'insécurité alimentaire
à long terme, tout particulièrement en Afrique. Tout en prenant des mesures
immédiates pour faire face au risque actuel de crises humanitaires, nous
reconnaissons le besoin de trouver des solutions de long terme aux problèmes
d'insécurité alimentaire, et sommes déterminés à travailler en partenariat
avec les pays en développement pour traiter ces questions. À cette fin,
nous travaillons avec le Secrétaire général des Nations Unies et les organisations
internationales pertinentes pour prévenir la famine et en atténuer les
effets. La lutte du G8 contre la famine en Afrique s'inscrit dans le cadre
du Plan d'action du G8 pour l'Afrique en appui au Nouveau partenariat
pour le développement de l'Afrique.
La famine est une tragédie qui pourrait etre évitée. Il faut disposer
à cet effet d'instruments adéquats pour répondre aux besoins à court terme
en aide alimentaire d'urgence de manière souple, rapide et capable d'atténuer
les effets des crises prévues. Pour prévenir la famine à long terme, les
pays vulnérables doivent adopter des politiques économiques et de gestion
publique, ainsi que des réformes institutionnelles, qui empechent d'aboutir
à une situation de famine, en mettant un accent particulier sur l'investissement
dans l'agriculture. Nous avons pris l'engagement de contribuer activement
à trouver des solutions dans chacun de ces domaines.
Pour améliorer de manière significative la capacité des pays touchés et
de la communauté internationale à anticiper et prévenir la famine :
1. Nous répondrons aux besoins en aide alimentaire d'urgence
1.1 Nous sommes déterminés à remédier par des mesures immédiates
aux pénuries alimentaires nécessitant des solutions d'urgence. Le Programme
alimentaire mondial estime actuellement à 1,2 million de tonnes les besoins
alimentaires restant à couvrir pour l'Afrique. Nous renforcerons l'efficacité
et la réactivité, aux moments appropriés, de nos contributions en aide
alimentaire, en espèces et en produits non alimentaires. Nous encouragerons
et faciliterons les contributions d'autres donateurs traditionnels et
non traditionnels pour répondre aux besoins en aide d'urgence. Nous travaillerons
avec les gouvernements, les institutions des Nations Unies, les organisations
non gouvernementales, la société civile et d'autres secteurs de la communauté
internationale pour offrir l'aide et les types de programmes les mieux
adaptés aux besoins actuels.
1.2 Depuis Kananaskis, nous avons apporté les montants suivants d'aide
d'urgence pour répondre à ces besoins humanitaires : 3,3 milliards de
dollars US au niveau mondial, dont 1,7 milliard pour l'Afrique sub-saharienne.
Nous tiendrons compte des nouveaux besoins, lorsque ceux-ci seront confirmés,
par des engagements d'aide appropriés.
2. Nous améliorerons les capacités d'évaluation, d'alerte et de prévention
2.1 Nous appuierons le renforcement des capacités nationales, régionales
et internationales pour évaluer les besoins de manière précise, mieux
analyser et comprendre ensemble les causes de vulnérabilité et leur lien
avec l'insécurité alimentaire, notamment en utilisant à bon escient des
critères communs et des indicateurs d'alerte qui conjuguent indicateurs
de production, d'accès à la nourriture et de consommation/nutrition.
2.2 Nous soutiendrons le réexamen et l'amélioration des systèmes
d'alerte précoce et de prévision des récoltes, ainsi que l'élaboration
de plans d'urgence au niveau national et régional afin de mieux répondre
aux situations d'urgence. Les décideurs nationaux devront agir en fonction
d'informations fournies à temps et engager des ressources suffisantes
en financement et en personnel.
3. Nous renforcerons l'efficacité de l'aide
3.1 Nous nous engageons à adopter des approches plus réactives et
plus efficaces de l'utilisation de l'aide dans certaines situations de
crise alimentaire spécifiques. L'aide doit répondre plus rapidement aux
besoins des bénéficiaires tout en évitant de porter préjudice à la production
locale et aux marchés locaux. Nous utiliserons l'aide alimentaire et l'aide
en espèces pour éviter une famine ou en atténuer les effets, en tenant
compte de la nourriture disponible localement, de la capacité des populations
vulnérables de payer leur nourriture et des autres spécificités du marché
local.
3.2 Les contributions devraient comprendre en tant que de besoin
des produits non alimentaires, tels que semences, outils, vaccins, médicaments,
fournitures scolaires, tentes, et prendre en compte les besoins d'urgence
non alimentaires (eau et assainissement).
3.3 D'autres méthodes peuvent etre utilisées lorsque la nourriture
est disponible, comme une aide en espèces aux populations particulièrement
vulnérables et des programmes de rémunération en échange d'un travail
(dits " cash for work ").
3.4 Nous participerons activement aux discussions au sein des instances
pertinentes et des institutions qui s'occupent des modalités de l'aide
alimentaire et nous appuierons des approches souples, durables, efficaces
et réactives de l'aide tout en évitant de porter préjudice aux marchés
locaux. Il faudra à cet effet inciter de nouveaux donateurs à intervenir
et adopter de nouvelles approches pour combattre la famine.
4. Nous ferons face à l'insécurité alimentaire par des initiatives
à plus long terme
4.1 Nous appuierons des approches et des programmes intégrés pour
identifier et traiter les causes structurelles de la faim et de la malnutrition.
4.2 La sécurité alimentaire, le développement rural et agricole doivent
etre pris en compte de manière adéquate dans le cadre du développement
national et de la planification de la pauvreté, ainsi que dans les stratégies
de réponse des donateurs bilatéraux et multilatéraux. Nous considérons
qu'il est nécessaire d'accroître l'investissement productif dans le développement
rural et agricole pour parvenir à une sécurité alimentaire durable. Nous
nous engageons à travailler pour enrayer le déclin de l'aide publique
au développement en faveur de l'agriculture et à augmenter les potentialités
commerciales des pays en développement.
4.3 Nous sommes prets à soutenir les efforts déployés par les gouvernements
des pays en développement pour promouvoir des politiques agricoles judicieuses
aux niveaux national et régional, le développement des organisations d'agriculteurs,
des investissements productifs dans les infrastructures et dans les moyens
de production agricoles, le soutien des cultures vivrières et la compétitivité
des cultures d'exportation. Nous encouragerons l'amélioration de la recherche
scientifique et l'adaptation des technologies agricoles nouvelles ou améliorées,
y compris les biotechnologies déjà testées, en vue de leur utilisation
dans les pays en développement.
4.4 Depuis Kananaskis, nous nous sommes engagés à verser 3,2 milliards
de dollars US, dont 1,4 milliard pour l'Afrique subsaharienne, à titre
d'aide à l'agriculture et à la sécurité alimentaire à long terme.
4.5 Nous sommes particulièrement déterminés à intensifier la lutte
contre le sida, compte tenu des effets considérables de cette maladie
en particulier dans les pays africains, notamment sur leur potentiel de
production alimentaire et d'autres aspects de la sécurité alimentaire.
La priorité dans la distribution de l'aide alimentaire et d'autres aides
d'urgence doit etre accordée aux besoins nutritionnels des personnes infectées
et des groupes sociaux vulnérables les plus touchés par la pandémie. Pour
assurer la sécurité alimentaire, il est essentiel de préserver les structures
familiales et sociales ou d'atténuer les effets des perturbations dont
elles sont victimes.
4.6 La bonne gouvernance est essentielle pour réduire la pauvreté
de manière durable et assurer la sécurité alimentaire et la croissance
économique. Nous soutiendrons les efforts déployés par les pays en développement
pour créer des cadres bien conçus de gouvernance politique et économique.
Nous travaillerons activement à la mise en oeuvre de ce plan d'action
dans toutes les instances internationales compétentes en nous appuyant
sur les travaux du Groupe de contact du G8 sur la famine.
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