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Nous
reconnaissons la nécessité de soutenir le développement de technologies
plus propres, plus durables et plus efficaces, comme le souligne le plan
de mise en oeuvre du Sommet mondial sur le développement durable (SMDD).
La coopération dans le domaine de la recherche scientifique sur les technologies
de transformation peut permettre d'améliorer la santé publique en réduisant
la pollution et de diminuer les émissions de gaz à effet de serre pour
traiter le problème du changement climatique mondial. Nos pays doivent
optimiser l'utilisation des ressources naturelles, notamment par le recyclage.
Nous concentrerons nos efforts sur trois domaines qui sont porteurs d'un
fort potentiel de progrès : coordination des stratégies mondiales d'observation
; utilisation plus propre, plus durable et plus efficace de l'énergie
; développement durable de l'agriculture, productivité et préservation
de la biodiversité.
Dans le cadre de ces activités, nous sommes déterminés à travailler en
étroite coopération avec d'autres pays développés. Nous sommes conscients
que, pour atteindre les objectifs du SMDD, les pays en développement et
les pays en transition doivent acquérir et renforcer leurs capacités à
assimiler et générer les connaissances permettant un développement durable.
Nous réaffirmons l'engagement que nous avons pris au SMDD de les aider
à renforcer leurs capacités de recherche grâce à la coopération internationale.
1. Renforcement de la coopération internationale sur l'observation
du globe
Nous entendons :
1.1 Instaurer une étroite coordination de nos stratégies respectives
d'observation du globe durant les dix prochaines années ; identifier de
nouvelles observations à effectuer pour réduire au maximum les données
manquantes ;
1.2 S'appuyer sur les travaux existants pour produire des données
fiables sur l'atmosphère, les sols, l'eau douce, les océans et les écosystèmes
;
1.3 Améliorer la collecte et l'archivage de ces données partout
dans le monde et combler les lacunes des systèmes existants en matière
de couverture ;
1.4 Favoriser l'interopérabilité et l'échange mutuel de données
;
1.5 Élaborer un plan de mise en oeuvre afin d'atteindre ces objectifs
d'ici la prochaine réunion ministérielle qui se tiendra au printemps à
Tokyo.
2. Accélération de la recherche sur les technologies de l'énergie,
leur développement et leur diffusion
Nous entendons :
2.1 Promouvoir le rendement énergétique de toutes les sources d'énergie
et encourager la diffusion et l'adoption de technologies avancées à fort
rendement énergétique, en tenant compte de la nécessité de réduire la
pollution. Les mesures à prendre peuvent porter sur les normes, les marchés
publics, les incitations et instruments économiques, l'information et
l'étiquetage ;
2.2 Accélérer l'innovation dans le domaine des technologies propres
et promouvoir son introduction rapide sur le marché dans les pays développés
comme dans les pays en développement, notamment à l'occasion de la Conférence
des Parties de la Convention-cadre sur les changements climatiques qui
se tiendra à Milan et dans les étapes ultérieures de ce processus, au
sein de l'Agence internationale de l'Énergie (AIE) et dans d'autres enceintes
internationales telles que la Commission économique des Nations Unies
pour l'Europe, le Groupe d'experts sur les transferts de technologies,
etc., en trouvant des moyens adaptés pour impliquer le secteur privé dans
ce processus ;
2.3 Appuyer
les efforts destinés à augmenter de manière substantielle la part des
énergies renouvelables dans la consommation mondiale d'énergie :
" stimuler la recherche fondamentale dans les énergies renouvelables,
telles que l'énergie solaire photovoltaïque, les éoliennes off-shore,
les prochaines générations de turbines éoliennes, l'énergie marémotrice
et géothermique, la biomasse ;
" coopérer dans le domaine de l'échange des résultats de la recherche,
le développement et le déploiement des technologies émergentes dans ce
domaine ;
" travailler à rendre moins coûteuses les technologies utilisant
les énergies renouvelables ;
" participer à la Conférence internationale sur les énergies renouvelables
qui se tiendra à Bonn au printemps 2004 ;
2.4 Accélérer le développement de la technologie des piles à combustible
et de l'hydrogène (production d'énergie, transport, production d'hydrogène,
stockage, distribution, utilisation finale et sécurité) :
" renforcer la coopération internationale et l'échange d'informations
dans la recherche pré-concurrentielle, selon le principe de la réciprocité
pleine et entière, par l'intermédiaire de l'AIE et d'autres organisations
existantes ;
" travailler avec le secteur industriel pour lever les obstacles
qui empechent les véhicules à pile à combustible de devenir compétitifs
en termes de prix, et s'efforcer d'atteindre cet objectif dans les vingt
années à venir ;
" accélérer, au sein des organisations existantes, l'élaboration
de codes et normes internationalement reconnus ;
" travailler ensemble pour faciliter l'utilisation des technologies
de l'hydrogène sur nos marchés et sur les marchés d'autres pays, notamment
par le développement d'infrastructures ;
2.5 Développer de manière significative et rendre plus accessibles
des technologies plus propres et plus efficaces en matière d'utilisation
des combustibles fossiles et dans le domaine des systèmes de séquestration
du carbone ; poursuivre en la matière des actions communes de recherche
et développement commune et une coopération internationale approfondie,
notamment par des projets de démonstration ;
2.6 Encourager le Fonds pour l'environnement mondial à tenir dûment
compte, dans l'élaboration de son programme, du rendement énergétique,
du recours aux énergies renouvelables, d'une utilisation plus propre de
l'énergie fossile et d'une utilisation durable de l'énergie ;
2.7 Élaborer des normes et codes pour la prochaine génération de
véhicules, favoriser un diesel plus propre et le biodiesel, en reconnaissant
que les besoins sociaux en matière de qualité de carburant sont différents
d'un pays du G8 à l'autre ;
2.8 En conformité avec nos procédures nationales, promouvoir des
véhicules à moteur propres et efficaces, y compris les véhicules de la
prochaine génération ;
2.9 Travailler en concertation avec les industriels pour accroître
le rendement énergétique des équipements électriques et électroniques
;
2.10 Nous prenons acte des efforts déployés par les pays du G8 qui
continueront d'utiliser l'énergie nucléaire pour développer des technologies
plus avancées qui soient plus sûres, plus fiables et plus résistantes
au détournement et à la prolifération.
3. Agriculture et biodiversité
Nous entendons :
3.1 Promouvoir la conservation et l'utilisation durable des ressources
génétiques pour l'agriculture et l'alimentation :
" soutenir le Traité international sur les ressources phytogénétiques
pour l'alimentation et l'agriculture en concluant la négociation d'un
accord-type de transfert de matériels afin de faciliter l'accès aux ressources
phytogénétiques pour la recherche et le développement agricoles, ainsi
qu'un partage équitable des bénéfices tirés de leur utilisation ;
" appuyer les efforts déployés pour assurer le financement de la
conservation des ressources génétiques dans le cadre des priorités définies
par la Commission des ressources génétiques pour l'alimentation et l'agriculture
de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture
;
3.2 Aider les pays en développement à améliorer leur productivité
agricole de manière durable :
" soutenir le rôle essentiel du Groupe consultatif sur la recherche
agricole internationale en matière de diffusion de la recherche agricole,
ainsi que celui du Forum mondial sur la recherche agronomique, d'autres
organisations régionales et nationales de recherche agronomique et des
partenariats de recherche Nord-Sud et Sud-Sud ;
" soutenir les actions destinées à fournir aux plus défavorisés en
milieu rural, en particulier en Afrique, des technologies adaptées aux
conditions économiques, sociales et environnementales locales, y compris
par des partenariats public-privé ;
3.3 Promouvoir la recherche sur les technologies et pratiques agricoles
durables, y compris l'utilisation sûre des biotechnologies dans les pays
qui s'y intéressent, de manière à contribuer à prévenir la famine, à améliorer
la nutrition, à renforcer la productivité, à préserver l'eau et les autres
ressources naturelles, à réduire l'utilisation des produits chimiques,
à améliorer la santé de l'homme et à préserver la biodiversité ;
" Participer à la Conférence ministérielle sur les sciences et techniques
agricoles qui se tiendra à Sacramento du 22 au 25 juin 2003 afin de mettre
en oeuvre l'engagement pris lors du Sommet alimentaire mondial de Rome
;
3.4 Utiliser les technologies modernes telles que les technologies
d'imagerie par satellites pour nous aider :
" à lutter contre l'exploitation illégale des forets ;
" à promouvoir une gestion durable des forets ;
" à promouvoir la diversité biologique agricole et sa préservation.
"
Nous approfondirons notre connaissance des flux physiques de ressources
et continuerons de travailler sur les indices de productivité de ces ressources,
notamment dans le cadre de l'OCDE.
Nous discuterons divers aspects du changement climatique mondial lors
de la Conférence mondiale sur le changement climatique qui se tiendra
à Moscou en septembre 2003.
Nous travaillerons en partenariat avec les pays en développement et les
organisations multilatérales compétentes pour faciliter l'utilisation
par les pays en développement des résultats de la recherche et développement
concernant ces techniques, contribuant ainsi au développement durable.
La libéralisation commerciale des produits respectueux de l'environnement
y contribuera également.
Nous réunirons de hauts responsables du G8 experts en politiques de recherche
pour comparer programmes de recherche et priorités et établir des liens
entre eux, afin de contribuer à une planification plus efficace et à l'établissement
éventuel de liens entre futurs programmes concernant la recherche sur
l'observation du globe, les énergies propres, l'agriculture et la diversité
biologique. Ce groupe devrait également étudier les moyens d'aider les
pays en développement qui disposent de leurs propres programmes de recherche
dans ces trois domaines en envisageant notamment la possibilité d'ouvrir
nos programmes de recherche à des pays tiers.
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