Les
conférences de la TICAD ont dégagé
un consensus sur les philosophies et les priorités
en vue du développement de l'Afrique
et ont joué un rôle de catalyseur
pour ce qui est de les transformer en projets
concrets. La TICAD a contribué à
promouvoir l'appropriation par l'Afrique de
son processus de développement et a consolidé
les liens entre cette dernière et ses
partenaires.
Les
pays africains et leurs partenaires ont été
en mesure de donner une suite aux engagements
pris lors des deux premières Conférences,
notamment au Programme d'action de Tokyo de
1998, en prenant bon nombre d'initiatives importantes
dans le domaine du développement.
Besoins
essentiels
Avec
l'aide du Japon ainsi que d'autres partenaires
de la TICAD, quelque 245 millions d'Africains
ont connu une amélioration de leur état
de santé. Un appui a été
fourni en particulier aux mesures sanitaires
destinées à la mère et
à l'enfant, à la planification
familiale, à l'information, à
l'éducation et à la communication,
à l'autonomisation des femmes et à
la lutte contre le VIH/sida.
Environ
trois millions de personnes reçoivent
un approvisionnement en eau potable, et 2,6
millions d'enfants ont des possibilités
en matière d'éducation, grâce
à des écoles nouvellement construites,
qui n'étaient précédemment
pas disponibles.
Agriculture
La
sécurité alimentaire pour les
pays africains a reçu une aide grâce
à un exemple remarquable de collaboration
entre l'Afrique et l'Asie : le Nouveau riz pour
l'Afrique (NERICA) est le résultat du
croisement particulier de souches de riz asiatique
et africain.
Mis
au point en Afrique de l'Ouest grâce à
une collaboration entre le Gouvernement japonais,
le PNUD, la Banque africaine de développement,
l'Agence américaine pour le développement
international, l'Organisation des Nations Unies
pour l'alimentation et l'agriculture et la Fondation
Rockefeller, il associe la hardiesse des espèces
de riz africaines à la grande productivité
du riz asiatique.
Le
NERICA a une teneur élevée en
protéines et résiste aux adventices,
aux déprédateurs ainsi qu'aux
maladies. Il a un cycle de croissance plus court
que les variétés locales. Les
premiers travaux d'expérimentation de
l'Association pour le développement de
la riziculture en Afrique de l'Ouest (ADRO)
ont permis aux agriculteurs d'accroître
leur récolte de 50 pour cent. Le Nouveau
riz pour l'Afrique est diffusé à
partir des sept pays pilotes-Bénin, Côte
d'Ivoire, Gambie, Guinée, Mali, Nigéria
et Togo-en direction des pays d'Afrique de l'Est
comme l'Ouganda, le Rwanda et la Tanzanie.
La
sécurité humaine, la paix et la
bonne gouvernance
Le
Fonds des Nations Unies pour la sécurité
humaine a été créé
en 1999 pour donner une forme concrète
à l'idée de sécurité
humaine dans le monde entier. Nombre de projets
appuyés par le Fonds se trouvent en Afrique.
Conformément aux recommandations du Programme
de Tokyo en matière de paix et de sécurité,
le mécanisme de l'Union africaine (précédemment
l'Organisation de l'Unité africaine)
pour la prévention, la gestion et le
règlement des conflits a reçu
une aide en vue de mettre en place des systèmes
d'alerte rapide et de tenir des conférences
destinées à régler les
différends.
Le
Fonds du PNUD au Mozambique pour le déminage
a bénéficié de l'appui
de la TICAD en matière d'action anti-mines
et d'aide aux victimes, et une aide semblable
est fournie à l'Angola pour le déminage,
la démobilisation des combattants et
la réinsertion des réfugiés
et des personnes déplacées à
l'intérieur de leur propre pays.
Dans
le domaine de la gouvernance, les parties prenantes
à la TICAD ont appuyé l'initiative
du NEPAD en vue de la création d'un Mécanisme
d'examen par les pairs entre les pays africains
aux fins de maintenir de bonnes pratiques en
matière de gouvernance.
Collaboration
commerciale Asie-Afrique
Depuis
la TICAD II en 1998, deux Forums des affaires
Asie-Afrique se sont tenus. Le premier qui s'est
tenu à Kuala Lumpur (Malaisie) en octobre
1999 a réuni 110 hommes d'affaires africains
et asiatiques. Le deuxième qui s'est
tenu à Durban (Afrique du Sud) en juillet
2001 a attiré quelque 140 participants
qui représentaient plus de 120 entreprises
africaines et 60 sociétés asiatiques.
Les forums visaient à instaurer des conditions
plus propices à l'identification de partenaires
dans des coentreprises futures, et à
attirer un plus grand flux d'investissement
étranger direct et d'échanges
commerciaux entre l'Asie et l'Afrique. Une série
d'ateliers destinés à renforcer
les compétences s'est tenue, axée
sur des sujets clefs tels que l'administration
et le fonctionnement des entreprises. Une stratégie
destinée à instaurer la confiance
a été mise au point, aux fins
de multiplier les possibilités de conclure
des affaires.
Promotion
de l'investissement et du transfert de technologie
À
la suite de la TICAD II, l'Organisation des
Nations Unies pour le développement industriel
a établi en Malaisie une institution
appelée Centre Hippalos, du nom du marin
grec légendaire qui avait constaté
que les vents de mousson de l'Océan Indien
favorisaient la navigation de l'Arabie vers
l'Inde. Également connu en tant que Centre
Asie-Afrique de promotion de l'investissement
et de la technologie, il vise à encourager
l'investissement et les transferts de technologie
des pays d'Asie à ceux d'Afrique. Le
Centre a choisi la Côte d'Ivoire, le Ghana,
le Mozambique, l'Ouganda, le Sénégal,
la Tanzanie et le Zimbabwe pour participer à
des activités de projets. Il fournit
des données sur la situation économique,
les systèmes juridiques nationaux, les
possibilités en matière d'investissement
ainsi que des nouvelles utiles concernant ce
dernier.
Technologie
de l'information et des communications
Une
initiative de la TICAD en vue d'appuyer l'élaboration
de politiques et le renforcement des capacités
en matière de Technologies de l'information
et des communications a été mise
en place au Cameroun, au Nigéria, en
Tanzanie et en Zambie. Des centres de création
de réseaux, en coopération avec
CISCO Systems, ont été mis sur
pied dans plusieurs pays. Un centre visant à
promouvoir l'échange d'informations commerciales
entre l'Asie et l'Afrique a été
créé au Bénin, et il est
prévu d'en étendre les services.
Pleine
participation du secteur privé
Une
proposition de la Chambre de commerce Afrique-Asie
est en train de prendre forme, en vue de créer
des liens commerciaux et notamment des coentreprises,
aux fins d'encourager les transferts de technologie,
de capitaux et de connaissances, et de faciliter
l'accès aux marchés. Elle vise
également à améliorer la
croissance et la survie des Petites et moyennes
entreprises grâce aux échanges
commerciaux et aux investissements découlant
des partenariats Afrique-Asie. Avec l'aide de
la TICAD, un réseau africain de Petites
et moyennes entreprises a été
créé. Il se fonde sur l'expérience
de l'Asie dans ce domaine et noue des contacts
avec des entreprises analogues en Asie.